10/19/2011

Léveillée - Gagnon 1965

Le 9 juin 2011 est décédé Claude Léveillée. Il était grand temps que la jazzthèque dédit un article à ce que plusieurs d'entre nous considère comme son meilleur l'album: "Léveillée - Gagnon".

Pour beaucoup de Québécois, "Léveillée - Gagnon" sera leur premier introduction au Jazz. Sans avoir de chiffre de vente exacte, il est fort à parier que "Léveillée - Gagnon" est l'album Jazz le plus connu au Québec.



L'année de sa sortie, nous somme en 1965, au tout début de la vague Yé-yé. Les chansonniers ont encore la cote. La radio de Radio-Canada diffuse chaque semaine en direct de l'Ermitage, une émission nommé "Jazz en liberté". L'étiquette de disque Colombia est sur le point de faire paraître un étonnant album instrumental du comédien jouant Cloclo dans l'émission pour enfant Domino. Un certain Claude Léveillée.

Il s'agissait de son sixième album en carrière (si on exclu les disques pour enfant). C'est une des rares fois où Léveillée a fait un enregistrement Jazz. Il a frappé tout un coup de circuit. Pour l'occasion il s'était entouré des meilleurs Jazzmen québécois de l'époque. On retrouve une impressionnante brochette de musiciens dont plusieurs ayant eux une carrière solo: Nick Ayoub, Yvan Landry, Roger Simard.

On a souvent décrit le style de Claude Léveillée sur cet album comme à mi-chemin entre la musique classique et le Jazz. Certain amateur de Jazz ne le trouve pas assez Jazz justement. Une chose est sûr, personne ne nira que cet album est un bijou.







Fait intéressant, il existe plusieurs similitudes entre "Léveillée - Gagnon" 1965 et l'album "1 voix 2 pianos" 1967. On dirait presque une suite dans le cas de "1 voix 2 pianos".

Premièrement, les deux sont parut sur l'étiquette Colombia. Deuxièmement, dans les deux cas, Léveillée fit appel à André Gagnon comme deuxième piano et aux arrangements.

Troisièmement, les deux ensembles sont des septets accompagné d'une voix a capella. À chaque fois les septets était composé de: 2 pianos, 1 vibraphone, 1 saxophone, 1 accordéon, 1 contrebasse, 1 batterie. Donc un son plutôt faible en cuivre. Peut-être est-ce la raison de la sonorité souvent classique ?


Remarquez par contre la composition différente de "1 voix 2 pianos". Outre Léveillée et André Gagnon, seul Yvan Landry et Nicole Perrier seront présent au deux enregistrements. Lee Gagnon remplacera Nick Ayoub au saxophone. Buddy Hampton remplacera Roger Simard à la batterie. Remarquez également qu'un seul contrebassiste (Frank Vogel) avait fait tout les enregistrements sur "1 voix 2 pianos" contrairement au deux utilisé pour "Léveillée - Gagnon".

Autre fait digne de mention; l'année précédent la sortie de "Léveillée - Gagnon", Claude Léveillée avait fait la trame sonore du film "Trouble-Fête" 1964 de Pierre Patry. On peut y entendre les premières ébauches des pièces Douze I et Douze II. Il est amusant de comparer les deux versions.

Prenons Douze II. La version de 1964 avait été étrangement joué en duo batterie/piano. Le résultat est très percussif. Pour la version de 1965, le vibraphone récupèrera beaucoup des notes de la batterie et la pièce s'adoucira.

Douze II (version film)
video

Douze II (version album)



"Baie des sables" est de loin ma préférée. Elle met vraiment en valeur le saxophoniste Nick Ayoub et la voix de Nicole Perrier.






La pièce la plus connu est la version instrumentale de Frédéric. Sans aucun doute la pièce la plus populaire en carrière de Léveillée. Ce qui frappe d'emblée est le son des pianos. Un son très percussif et répétitif, on dirait presque un piano mécanique. L'accordéon de Gord Fleming ajoute une touche mélancolique.








La pièce "Poisson" m'a toujours fait penser à "Aquarium" de Camille Saint-Saëns. L'ambience aquatique, la rapidité du jeux et les notes aiguës.





"Silence" est une des meilleures compo selon moi. D'abord pour l'intro au vibraphone qui nous mets l'eau à la bouche. Puis embarque le piano, la contrebasse et l'accompagnement tout en subtilité de la batterie de Roger Simard. Finalement le rythme s'accélère et la flûte de Nick Ayoub s'ajoute.




À part pour Douze I et Douze II, l'album contient une autre pièces en deux parties: Rupture.

"Rupture I" sonne vraiment comme une balade piano mélancolique qui doit plus au classique qu'au Jazz. Quand "Rupture II" enchaîne par contre, on est vraiment plus dans le même registre. La batterie et le saxophone viennent tout changer, sans parler du solo de contrebasse.

"Source" est une pièce entraînante qui vous fera tapper du pied.

Léveillée était maître dans l'art de vous foutre l'angoisse lorsque vous écoutiez sa musique. "Carousel" est un bon exemple de ce genre de pièce avec son thème répétitif et mélancolique.

La jazzthèque a réussi à dénicher une superbe copie scellé pour vous, cher lecteurs. Je m'excuse d'avance auprès des puristes, il s'agit par contre de la version stéréo.

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Le 13 Novembre 2012 l'étiquette Audiogram a réédité l'album en version remasterisé. Je ne crois pas être le seul amateurs de Jazz québécois à dire: Bravo et enfin !
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MP3: Télécharger l'album complet

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